{"id":1346,"date":"2020-12-04T13:30:27","date_gmt":"2020-12-04T12:30:27","guid":{"rendered":"http:\/\/conafed.org\/?p=1346"},"modified":"2020-12-04T14:38:04","modified_gmt":"2020-12-04T13:38:04","slug":"lutte-contre-les-vsbg-conafed-met-fin-a-8-ans-de-souffrance-dune-femme-atteinte-de-fistule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/conafed.org\/index.php\/2020\/12\/04\/lutte-contre-les-vsbg-conafed-met-fin-a-8-ans-de-souffrance-dune-femme-atteinte-de-fistule\/","title":{"rendered":"Lutte contre les VSBG : CONAFED met fin \u00e0 8 ans de souffrance d\u2019une femme atteinte de fistule"},"content":{"rendered":"\n<p>Lisa* souffre de fistule depuis 2013 et elle avait 17 ans. Aujourd\u2019hui, elle reprend son sourire apr\u00e8s 8 ans de souffrance suite \u00e0 cette maladie. Elle vient de subir une intervention chirurgicale dans une structure de la place gr\u00e2ce au projet de lutte communautaire contre les violences sexuelles et bas\u00e9es sur le genre faites aux filles et aux femmes paysannes en milieux urbano-ruraux dans la commune de Maluku. Un projet ex\u00e9cut\u00e9 par le Comit\u00e9 National Femme et D\u00e9veloppement (CONAFED) avec l\u2019appui de Medicus Mundi Bizkaia. Elle raconte.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"720\" height=\"399\" src=\"http:\/\/conafed.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/fistu-1-720x399.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1351\"\/><figcaption><strong><em>la Secr\u00e9taire Permanente du CONAFED, Mme Jeanne Nzuzi rend visite \u00e0 Lisa<\/em><\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p> \u00ab\u00a0<em>Tout a commenc\u00e9 au plateau de Bateke. A l\u2019absence de mes parents, je suis all\u00e9e chercher du bois de chauffage. J\u2019ai rencontr\u00e9e trois jeunes gens qui m\u2019ont viol\u00e9. De retour \u00e0 la maison j\u2019ai gard\u00e9 l\u2019information. Je n\u2019ai pas voulu d\u00e9noncer parce que j\u2019avais peur<\/em>\u201c, se rappelle-t-ell. Deux mois apr\u00e8s, ses parents et elle-m\u00eame vont r\u00e9aliser qu\u2019elle \u00e9tait enceinte. \u201c<em>Les parents m\u2019ont support\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019accouchement. Malheureusement, j\u2019ai fait 4 jours avec des douleurs dans une structure de la place \u00e0 Kingakati, sans succ\u00e8s. Le cinqui\u00e8me jour, le m\u00e9decin me dit que mon cas \u00e9tait grave, il n\u00e9cessitait une prise en charge dans un grand h\u00f4pital de la ville de Kinshasa. De l\u00e0, nous sommes partis \u00e0 l\u2019h\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de Kinkole, pas de solution. Le m\u00e9decin nous a demand\u00e9 d\u2019aller dans un autre h\u00f4pital au centre ville. Arriv\u00e9s sur place, les m\u00e9decins ont constat\u00e9 que l\u2019enfant \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mort. Il a fallu intervenir par c\u00e9sarienne<\/em>\u201c, raconte Lisa, encore sous l\u2019\u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement au\ncours de cette op\u00e9ration, la vessie sera endommag\u00e9e et va occasionner une\nfistule. \u201c<em>Donc, j\u2019ai attrap\u00e9 cette maladie, suite\n\u00e0 une c\u00e9sarienne. Le m\u00e9decin m\u2019a dit clairement que le couteau m\u2019avait bless\u00e9\net qu\u2019\u00e0 son niveau, il \u00e9tait incapable de r\u00e9soudre mon cas. Je suis sortie de\nl\u2019h\u00f4pital sans solution. Car, dans cet h\u00f4pital, les fistuleuses ne sont pas\nprises en charge, nous ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les m\u00e9decins qui nous ont propos\u00e9 un\ntransfert \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Saint Joseph de Limete<\/em>\u201c.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9but du calvaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc le d\u00e9but d\u2019un chemin de la croix pour Lisa et ses proches. \u201c<em>Nous avions d\u00e9pens\u00e9 toutes nos ressources financi\u00e8res. Impossible donc d\u2019atteindre l\u2019h\u00f4pital Saint Joseph dans la commune de Limete<\/em>\u201c, explique-t-elle. Apr\u00e8s quelques jours de traitement, Lisa et ses parents seront oblig\u00e9s de rentrer chez eux au Plateau de Bateke. \u00ab <em>Pendant 8 ans, je vais tra\u00eener cette satan\u00e9e maladie. Je serai victime de discrimination, d\u2019injures<\/em>\u201c, se rappelle toujours Lisa.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" width=\"720\" height=\"399\" src=\"http:\/\/conafed.org\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/fistu-2-720x399.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1352\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>\u201c<em>A pr\u00e9sent je suis gu\u00e9rie de la fistule et j\u2019ai r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 qui m\u2019a\ntrait\u00e9 de tout les maux, gr\u00e2ce au CONAFED \u00e0 travers son projet de lutte contre\nles VSBG, avec l\u2019appui de Medicus Mundi<\/em>\u201c, reconna\u00eet cette jeune femme. Quand\nelle \u00e9voque l\u2019apport du Conafed et Medicus Mundi dans sa vie, elle en tremble\nd\u2019\u00e9motions. Elle est cat\u00e9gorique : \u201c<strong>la vie associative est\ntr\u00e8s importante<\/strong>\u201c. Car, selon elle, cette aide vitale est intervenue \u00e0 travers\nl\u2019Association des Mamans Paysannes de Kingakati (AMAPEKI), membre du CONAFED\ndont elle est membre. Cette association est conduite par Maman Maguy Nzengo.<\/p>\n\n\n\n<p>Lisa souligne tout de\nm\u00eame que des pareils cas sont nombreux dans son entourage \u00e0 Kingakati. Mais il\nse pose un probl\u00e8me d\u2019information et de communication. C\u2019est pourquoi elle ne\ncesse, dans sa vie de tous les jours, lancer un appel \u00e0 toutes filles et femmes\nsouffrant de la fistule de ne pas se d\u00e9courager. \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est une maladie qui est soign\u00e9e. Je suis un exemple vivant<\/em>&nbsp;\u00bb, fait-elle\nsavoir. Elle encourage les filles et les femmes \u00e0 int\u00e9grer les ongs pour\nb\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un encadrement ad\u00e9quat. \u00ab&nbsp;<em>Que Dieu b\u00e9nisse le\nConafed !<\/em>&nbsp;\u00bb, a-t-elle lanc\u00e9e avant de reprendre son activit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La gu\u00e9rison de Lisa a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement un grand soulagement pour sa femme. Mme Mafuta, sa m\u00e8re a endur\u00e9 cette souffrance \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa fille. \u00ab\u00a0<em>Nous avons pleur\u00e9 pendant plusieurs ann\u00e9es. Je remercie Dieu pour sa gu\u00e9rison. Je remercie \u00e9galement le Conafed, l\u2019AMAPEKI et Medicus Mundi pour cet acte<\/em>\u00a0\u00bb, a-t-elle soulign\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Implication du Conafed<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mme Jeanne Nzuzi Nsamba, Secr\u00e9taire permanente du Conafed indique que Lisa est l\u2019une des b\u00e9n\u00e9ficiaires du programme de lutte contre les violences sexuelles et bas\u00e9es sur le genre. Un projet ex\u00e9cut\u00e9 par le Conafed avec l\u2019appui de Medicus Mundi. Elle et sa famille sont membres de l\u2019AMAPEKI, qui b\u00e9n\u00e9ficiait d\u2019un projet financ\u00e9 par l\u2019ong Su\u00e9doise DIAKONIA. Ce programme appuyait les femmes paysannes. A travers leur pr\u00e9sidente Mme Maguy Nzebo, le Conafed a \u00e9t\u00e9 saisi du probl\u00e8me. \u00abNous avons contact\u00e9 l\u2019UNFPA qui a dit qu\u2019il intervenait dans le cadre de la campagne et que la campagne avait d\u00e9j\u00e0 pris fin.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand l\u2019association a organis\u00e9 une deuxi\u00e8me phase de son projet d\u2019autonomisation \u00e9conomique et politique de la femme paysanne, le Conafed a invit\u00e9 la ministre sortante du Genre, Mme Chantal Safu qui, elle, a recommand\u00e9 de contacter l\u2019h\u00f4pital Mutombo Dikembe pour ce cas de fistule. Cette structure \u00e9galement intervient dans le cadre d\u2019une campagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le risque d\u2019une infection\ng\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e pouvant affecter ses reins, le Conafed a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de prendre des\nchoses en mains en vue de trouver une solution \u00e0 ce probl\u00e8me. Les membres de\nson association, AMAPEKI ont d\u00e9cid\u00e9 de venir en aide dans les cas qui d\u00e9passent\nles familles. Ils se sont cotis\u00e9s et le CONAFED a contribu\u00e9 sur fond propre.\nEnsemble, ils ont vu le m\u00e9decin qui a accept\u00e9 d\u2019intervenir \u00e0 hauteur de plus de\n800 dollars am\u00e9ricains, avant sa sortie de l\u2019h\u00f4pital.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>C\u2019est une satisfaction pour le Conafed. En appuyant un volet\nd\u2019autonomisation \u00e9conomique, il est n\u00e9cessaire de voir aussi le d\u00e9veloppement\ndans son int\u00e9gralit\u00e9. Lisa est une survivante. Malheureusement, elle a accouch\u00e9\nd\u2019un enfant qui n\u2019a pas surv\u00e9cu. Mais au moins elle r\u00e9int\u00e8gre la soci\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s\nplusieurs ann\u00e9es de souffrance \u00e0 travers ce programme de d\u00e9veloppement int\u00e9gral<\/em>&nbsp;\u00bb,\nrassure-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle indique que des pareils cas existent beaucoup dans la p\u00e9riph\u00e9rie de la ville province de Kinshasa o\u00f9 on trouve des femmes qui se rendent au champ et celles qui pratiquent des petits commerces sont expos\u00e9es \u00e0 des diff\u00e9rents types de violences. Et la population pr\u00e9f\u00e8re l'arrangement \u00e0 l\u2019amiable.<\/p>\n\n\n\n<p>La fistule obst\u00e9tricale est un fl\u00e9au qui touche les diff\u00e9rentes couches sociales de la population congolaise. Cette maladie survient fr\u00e9quemment chez les adolescentes, qui sont plus \u00e0 risque de suite de complications \u00e0 l\u2019accouchement. Marginalis\u00e9es et n\u00e9glig\u00e9es, elles sont isol\u00e9es et souffrent en silence, sans aucun espoir ni dignit\u00e9. Et la persistance de cette maladie pourtant gu\u00e9rissable, illustre de graves in\u00e9galit\u00e9s et le d\u00e9ni des droits et de la dignit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\"><strong>G\u00e9nie Mulobo<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>* Lisa et Mafuta sont des pseudonymes<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lisa* souffre de fistule depuis 2013 et elle avait 17 ans. Aujourd\u2019hui, elle reprend son sourire apr\u00e8s 8 ans de souffrance suite \u00e0 cette maladie. 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